Les énergies renouvelables (EnR) sont en pleine progression dans le secteur du logement. En effet, afin de contribuer à la diminution par 6 des émissions de CO2 par m2 requise pour l’atteinte du « facteur 4 » à l’horizon 2050, elles sont progressivement introduites comme références dans les réglementations thermiques successives (2005 puis 2012).
En 2009, le chauffage utilisant des énergies renouvelables (géothermie, photovoltaïque, pompe à chaleur, bois) est choisi par 41 % des particuliers qui ont fait bâtir une maison. Le recours aux EnR pour le chauffage a progressé de 50 % entre 2006 et 2009 dans le logement neuf individuel.
Le facteur qui a le plus d’influence sur le choix d’un chauffage par EnR est le type de professionnel qui coordonne la construction de la maison. La proportion de maisons chauffées aux EnR est plus faible lorsqu’elles sont bâties par un constructeur que lorsque le particulier a recours à un autre type de professionnel (architecte, entrepreneur, artisans).
L’accès au chauffage par énergie renouvelable est conditionné par les moyens financiers du ménage qui construit. Il est en effet associé à des maisons de surface importante, sur des terrains de grande superficie et au prix relativement élevé. Il est plus fréquent chez les agriculteurs exploitants (57 % en 2009) et parmi les cadres supérieurs et professions intellectuelles (48 %).
![Chauffage des maisons grâce aux renouvelables [FICHE]](https://enerzine.com/UserFiles/Image/breve11948b.jpg)
Source : SOeS (enquête sur les prix des terrains à bâtir).
La part des maisons neuves chauffées par énergie renouvelable en 2009 dépasse 45 % en Franche-Comté, Alsace, Rhône-Alpes, Auvergne, Lorraine et Provence – Alpes – Côte d’Azur.
La pompe à chaleur est un chauffage électrique, pas une énergie renouvelable. Si on la supprime des statistique il n’y plus beaucoup d’énergie renouvelable dans l’habitat (au moins la moitié moins).
L’article expose les tendances à la construction mais n’aborde pas les logements existant. Or près des deux tiers de du parc immobilier français ont été construits avant la première règlementation thermique (1974), ce qui représente une proportion plus grande encore au niveau de la consommation énergétique et des émissions de GES. Comme dans bien des domaines, si la documentation existe, il reste très difficile pour le particulier de s’y retrouver et de prendre des décisions à bon escient lors de travaux de rénovation. Que d’occasions manquées! Ceci dit, les statistiques du neuf restent encourageantes. Il y a une amorce, donc des propriétaires qui s’intéressent et sont prêts à faire l’effort et des professionnels qui conseillent et réalisent.
Navrant de voir que la proportion de chauffage électrique envisagée dans les nouveaux logements reste quasiment constante depuis 5 ans. Effectivement si on ajoute les PACs on voit comment on pourrait réduire la consommation électrique très rapidement si le politique le décidait. Et comment par voie de conséquence arrêter 10 ou 20 réacteurs en France en quelques années si il y avait une véritable volonté de développement des EnR thermiques pour le logement. Dans la même étude on voit d’ailleurs que la part d’énergie consommée pour l’eau chaude sanitaire ne varie quasiment pas depuis 10 ans on reste très majoritairement sur du bon vieux cumulus électrique. A quand le chauffe-eau solaire obligatoire dans le neuf ou la rénovation ?
A trop vouloir réduire la consommation électrique on se trompe de combat à moins que cela ne soit fait sciemment. Ce qu’il faut dans les pays développés c’est réduire globalement la consommation d’énergie et plus particulièrement celle venant des fossiles. L’électricité, quant à elle, est un vecteur d’énergie qui à le mauvais goût en France de provenir majoritairement du nucléaire, mais peut aussi provenir des EnR comme l’éolien (dont il faudra bien vendre la production fatale). En France, le chauffage électrique (multiforme car il n’y a pas que des convecteurs « grille pain ») représente, selon RTE, aux alentours de 41 TWh en 2010 pour le secteur résidentiel. Si on prend la production annuelle d’un réacteur nucléaire de 1 300 MW avec un facteur de charge de 80%, 41 TWh représente 4,5 réacteurs et non 20. Si on ajoute l’ECS, on monte à 60 TWh et 6,5 réacteurs. Si on ajoute le tertiaire (+ 25 TWh en chauffage + ECS), on atteint 85 TWh ou 9,5 réacteurs nucléaires. Oui, mais le hic, c’est que le chauffage électrique n’est pas exclusivement alimenté par l’électricité nucléaire car alors il n’émettrait pas de CO2 ! Donc tout les spécialistes vous diront que le chauffage électrique est essentiellement alimenté avec des centrales thermiques pour parvenir à émettre 600 g de CO2 par kWh !! Donc si on supprime du chauffage électrique, on supprime des centrales thermiques (où on les sollicite moins). Sinon le mythe du chauffage émetteur de GES s’effondre. On peut bien sûr encourager l’ECS solaire. Il y aurait globalement 26 TWh à prendre au maximum dans le résidentiel et le tertiaire (3 réacteurs). Pendant ce temps là, les véhicules électriques pourraient effectuer une percée pour diminuer notre dépendance au pétrole et avec 3 réacteurs de 1 300 MW on pourrait faire rouler plus de 10 millions de voitures moyennes. Ca vaut peut être le coup de réfléchir à la suppression de 10 millions de pots d’échappement et à l’allègement de la facture énergétique en supprimant 10 millions de tonnes d’importation de pétrole.