La production d’énergie renouvelable à grande échelle constitue un levier fondamental pour réduire l’empreinte carbone des régions fortement dépendantes aux énergies fossiles. Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a déployé une stratégie ambitieuse visant la neutralité carbone d’ici 2026, illustrant l’engagement des institutions académiques dans la transition énergétique. L’établissement pilote actuellement deux projets d’envergure qui modifieront significativement le paysage énergétique de deux États américains, tandis que de nombreuses innovations technologiques sont développées pour soutenir cette transformation.
Le MIT a co-dirigé le développement de deux installations majeures d’énergie renouvelable : le parc solaire Big Elm Solar au Texas, déjà opérationnel, et le projet éolien Bowman Wind dans le Dakota du Nord, dont la mise en service est prévue pour 2026. Les deux installations généreront une capacité combinée de 408 mégawatts d’énergie renouvelable. Une puissance considérable qui sera injectée dans les réseaux électriques régionaux.
Le Consortium for Climate Solutions, regroupant le MIT et dix autres organisations du Massachusetts, s’est engagé à acquérir annuellement 1,3 million de mégawattheures d’électricité issue du solaire et de l’éolien. L’objectif fixé vise l’élimination de près d’un million de tonnes métriques de gaz à effet de serre chaque année. Un volume d’émissions qui est actuellement généré par les centrales à forte intensité carbone de la région.
Un modèle d’action collective éprouvé
Glen Shor, vice-président exécutif et trésorier du MIT, souligne l’engagement profond de l’institution dans la lutte contre le réchauffement climatique : « Le MIT s’est mobilisé sur de multiples fronts pour accélérer les solutions au changement climatique« . L’expérience acquise avec l’accord d’achat d’électricité de Summit Farms en 2016 a servi de fondement à ces nouveaux projets.
Plus de 125 projets potentiels ont été minutieusement analysés par le consortium selon des critères d’évaluation stricts. Les projets Bowman Wind et Big Elm Solar ont été sélectionnés pour leur capacité à maximiser la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans deux des régions aux réseaux électriques les plus carbonés des États-Unis.
Joe Higgins, vice-président des services du campusd confirme la pertinence stratégique des localisations choisies : « L’implantation de projets dans les régions où les réseaux sont les plus intensifs en carbone permet d’obtenir l’impact maximal. Nous prévoyons que les projets éviteront deux fois plus d’émissions par unité d’électricité produite qu’un projet similaire en Nouvelle-Angleterre« .

Des objectifs ambitieux de décarbonation sur le campus
La transformation de l’infrastructure énergétique du MIT est actuellement menée sur plusieurs fronts. La production d’énergie renouvelable sera quadruplée d’ici 2026 grâce à l’installation de panneaux solaires sur les toits du campus. La modernisation de la centrale de services publics, équipée d’une technologie de cogénération avancée, permet déjà une réduction de 20% de l’intensité carbone comparée au réseau électrique régional.
L’infrastructure énergétique du campus fait l’objet d’une refonte complète. Des capteurs intelligents pilotés par intelligence artificielle ont été installés pour optimiser la régulation thermique des bâtiments. Le parc automobile de l’établissement sera entièrement converti en véhicules électriques, accompagné d’un déploiement massif de bornes de recharge.
Une initiative majeure de planification explore actuellement les technologies de pointe pour atteindre la décarbonation totale des opérations du campus d’ici 2050. Parmi les solutions étudiées figurent les pompes à chaleur industrielles, l’échange géothermique, les micro-réacteurs et l’hydrogène vert produit à partir de sources renouvelables. Un laboratoire vivant d’expérimentation énergétique est ainsi créé sur le campus.
Un impact mesurable sur les communautés locales
Les retombées économiques et sociales des projets Big Elm Solar et Bowman Wind dépassent largement le cadre universitaire. Les communautés locales bénéficient de la création d’emplois durables dans le secteur des énergies renouvelables. Les revenus fiscaux générés par ces installations contribuent au développement des infrastructures régionales.
L’expertise développée par le MIT dans la mise en œuvre de ces projets d’envergure est partagée avec d’autres institutions académiques et organisations. Un guide méthodologique détaillé a été élaboré pour faciliter la réplication de ce modèle d’agrégation d’achat d’énergie renouvelable à grande échelle.
« Au MIT, nous nous concentrons sur la décarbonation de notre campus et sur le rôle que nous pouvons jouer dans la résolution du climat à grande échelle, notamment en soutenant un réseau plus propre conformément à l’appel au triplement des énergies renouvelables d’ici 2030 » a exposé Julie Newman, directrice du développement durable au MIT, une vision globale qui illustre pour finir l’approche systémique adoptée par l’institution.
Légende illustration : Big Elm Solar, dans le comté de Bell, au Texas, une installation de production d’énergie renouvelable de 200 MW, est désormais opérationnelle. Crédit : Apex Clean Energy.
Source : MIT