Les énergies propres connaissent un essor considérable dans le secteur maritime. Un projet novateur visant à explorer le potentiel de l’hydrogène comme carburant pour les transports portuaires vient d’être lancé à Singapour. Cette initiative, fruit d’une collaboration internationale, pourrait ouvrir la voie à une révolution dans la logistique portuaire.
L’Université technologique de Nanyang (NTU) à Singapour, PSA Singapore (PSA) et la société japonaise Chiyoda Corporation (Chiyoda) ont uni leurs forces pour mener une expérimentation d’envergure. L’objectif de leur collaboration est d’évaluer la faisabilité du transport et du stockage de l’hydrogène sous forme de méthylcyclohexane (MCH), un liquide à température et pression ambiantes.
Dans le cadre de ce projet, PSA a construit et mis en service la première station de ravitaillement en hydrogène au terminal de Pasir Panjang à Singapour. L’entreprise a également fourni un véhicule électrique à pile à combustible pour les tests de transport horizontal dans le port.
De la théorie à la pratique
Le banc d’essai mis en place fait suite à des expériences concluantes menées en laboratoire par la NTU. Ces recherches visaient à développer des méthodes efficaces et économiques pour le transport de l’hydrogène, avec pour objectif final de contribuer à l’expansion des chaînes d’approvisionnement mondiales en hydrogène.
La technologie des piles à combustible à hydrogène est considérée comme prometteuse pour l’énergie verte. Elle produit de l’électricité par une réaction entre l’hydrogène et l’oxygène, ne laissant que de l’eau et de la chaleur comme sous-produits. Pour Singapour, qui ne dispose pas de ressources naturelles, l’importation d’hydrogène représente un enjeu crucial.
L’hydrogène peut être transporté sous forme liquide grâce à des vecteurs organiques liquides d’hydrogène (LOHC). Ces composés permettent un stockage à long terme et un transport sur de longues distances dans des conditions ambiantes.
L’essai au terminal de Pasir Panjang de PSA est prévu pour durer jusqu’à la mi-2025. Il vise à valider la possibilité de stocker le LOHC transporté dans un environnement industriel, puis de le déshydrogéner. L’hydrogène extrait pourra ensuite être utilisé comme carburant pour les stations de ravitaillement sur site.
Perspectives d’avenir pour l’hydrogène dans les ports
Si les résultats de l’expérimentation s’avèrent concluants, les implications pour l’industrie portuaire pourraient être considérables. L’utilisation de l’hydrogène comme carburant propre pour les véhicules de transport horizontal dans les ports pourrait contribuer significativement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur maritime.
De plus, le développement de méthodes efficaces pour le transport et le stockage de l’hydrogène pourrait faciliter son adoption à plus grande échelle, non seulement dans les ports, mais aussi dans d’autres secteurs industriels énergivores.
Les acteurs du projet restent prudents quant aux résultats, mais l’enthousiasme est palpable. Les prochains mois seront cruciaux pour déterminer la viabilité de l’hydrogène comme alternative aux carburants fossiles dans les opérations portuaires.
Légende illustration : Image (de gauche à droite) M. Nelson Quek, PDG régional, Asie du Sud-Est, PSA International ; S.E. Hiroshi Ishikawa, ambassadeur du Japon à Singapour ; Prof Lam Khin Yong, vice-président (industrie), NTU Singapore ; M. Daiki Kasygahara, vice-président principal, Chiyoda Corporation, à l’usine de déshydrogénation de SPERA. (Crédit : PSA Singapour)